Tests des allergies/intolérances alimentaires : ça marche (comment) ?

De quoi parle-t-on ?

Des tests vendus par des laboratoires privés, quelques noms reviennent souvent : un laboratoire allemand bien implanté en France commercialisant I….., un laboratoire parisien Z……, un laboratoire B….. à Metz etc.

Ceux-là font leurs tests après une prise de sang.

Mais certains analysent un échantillon de vos cheveux.

Je vous laisse googler « test intolérance alimentaire IgG » par exemple, vous les trouverez facilement. Mais si vous êtes là, c’est que vous en avez certainement déjà entendu parler.

Coût des tests allergies alimentaires

Entre 30-60€ pour la version capillaire, comptez entre 100 et 500 € pour la version sanguine.

Remboursés ni par la Sécurité Sociale, ni par les mutuelles.

Un exemple de ce que l’on peut trouver sur internet pour parler de ces tests :

Bon, soyons clair, cette vidéo est un condensé de ce qui est tout faux et de ce que l’on retrouve souvent concernant les intolérances. J’espère que c’est par ignorance.

Non, les intolérances ne sont pas détectées par prise de sang, non, les intolérances ne produisent pas d’IgG. (Re)lisez mon article sur la différence entre les allergies, les intolérances et l’hypersensibilité, il est crucial de bien la comprendre pour suivre la suite de cet article et comment fonctionnent ces tests.

Grosse confusion

Justement, ces tests utilisent ces 3 termes de façons très… libre dirons-nous. Ils mélangent tout, parfois font des précisions pour les distinguer, parfois les utilisent comme si c’étaient des synonymes. Tout est fait pour noyer le poisson et je pense qu’ils en abusent consciemment. Plus ça fait scientifique, moins on comprend, plus on est censé leur faire confiance, non ?

un type en blouse blanche. Ca en jette toujours.
Faites-moi confiance, j’ai une blouse blanche et un microscope. Ah ça ne suffit pas ?
Photo par Lucas Vasques.

A leur décharge, il est très compliqué de faire un pont entre les termes médicaux, qui empruntent à plusieurs classifications, (« l’ancienne », celle de Gell et Coombs, de 1963, ou « la récente », celle de Johansson de 2001), et les termes employés par le grand public.

Comparaison entre les 2 classifications pour les allergies alimentaires.

Ils se réfèrent souvent à « l’ancienne » typologie de 1963, qui se découpe en 4 types d’hypersensibilités.

Ils vous disent bien qu’ils se focalisent sur le type III. Ce qui correspond à la colonne centrale du tableau ci-dessus, ou l’hypersensibilité allergique non-IgE dépendante selon la classification de 2001.

Ils se foutent de nous ?

Pourtant, il est écrit partout sur leurs sites que leurs tests sont pour les « allergies alimentaires ». Mais quand on reçoit leur compte-rendu, tout à coup ils préviennent qu’ils ne testent pas les allergies (IgE) :

Ils entretiennent donc savamment la confusion et tordent le concept dans le sens qui les arrangent.

Je suppose que le terme « allergie » est plus vendeur, bien que plus éloigné de la réalité.

Mais c’est bien là tout le problème

Ce qui vous intéresse, ce sont les intolérances alimentaires, pas les allergies. Ils ne se privent pas pour utiliser ce vocable d’ailleurs. Hors les intolérances alimentaires NE PEUVENT PAS être détectées par une prise de sang car ne génèrent pas de production d’IgG (un anticorps).

Consensus mondial CONTRE ces tests

La Société Française d’Allergologie (SFA), la Société Suisse d’Immunologie et d’Allergologie (SSAI), l’Académie Européenne d’Allergologie et d’Immunologie Clinique (EAACI), l’Académie Américaine de l’Allergie, de l’Asthme et de l’Immunologie (AAAAI), et la Société Canadienne d’Allergologie et d’Immunologie Clinique (CSACI) ont mis en garde contre l’utilisation de ces tests.

Ces institutions représentant les plus hauts niveaux de connaissances côté allergies et intolérances de chaque pays, il est difficile de faire plus clair niveau consensus.

C’est tout, fin de partie, il n’y a rien de plus à savoir. Ces tests n’ont aucune base scientifique, il y a un consensus médical mondial là-dessus.

gif de jesse pinkman validant tout ce que j'affirme un peu plus tot dans cet article ^^
  • La Société Française d’Allergologie fait sa mise en garde à ce sujet dans cette note si cela vous intéresse de creuser.
  • L’ordre des médecins (France) a suspendu temporairement un des leurs en 2013 pour avoir fait la promotion de ces tests, pour le motif que ce bilan sanguin est « scientifiquement non fondé, médicalement sans intérêt et potentiellement dangereux ».
  • La société canadienne de gastro-entérologie vient de publier (octobre 2019) ses recommandations pour le traitement des colopathies fonctionnelles : elle écrit très clairement que ces tests ne sont pas recommandés.
  • Testing for IgG4 against foods is not recommended as a diagnostic tool (2008) papier de recherche du genre costaud :

Many serum samples show positive IgG4 results without corresponding clinical symptoms. These findings, combined with the lack of convincing evidence for histamine-releasing properties of IgG4 in humans, and lack of any controlled studies on the diagnostic value of IgG4 testing in food allergy, do not provide any basis for the hypothesis that food-specific IgG4 should be attributed with an effector role in food hypersensitivity.

In conclusion, food-specific IgG4 does not indicate (imminent) food allergy or intolerance, but rather a physiological response of the immune system after exposition to food components. Therefore, testing of IgG4 to foods is considered as irrelevant for the laboratory work-up of food allergy or intolerance and should not be performed in case of food-related complaints.

Si quelqu’un veut m’envoyer la traduction, je la remplacerai, mais là je vous avoue, j’ai eu la flemme ^^

Les IgG pour les allergènes alimentaires […] étaient déficients dans une ou plus des zones de validités analytique, applications cliniques, validité et usages de standards éthiques. […] [Ils manquent] de fiabilité et d’applications cliniques directes et ne doivent pas être recommandés pour la recherche de syptômes gastro-intestinaux.

Allez, un exemple très simple à comprendre : l’intolérance au lactose est liée à une déficience de production de l’enzyme (appelée lactase) qui vient digérer le lactose. En aucun cas une intolérance au lactose n’est détectée par la production d’IgG ! Et le lait de vache est bien dans la liste des ingrédients qu’ils testent !

Capital a sorti un article en 2015 titré Tests d’intolérances alimentaires : les labos ont leur attrape-gogo dont je vous recommande la lecture, car il a quelques passages et infos croustillantes.

Très en vogue, les tests sanguins dits «IgG» identifient les aliments à bannir de son régime. Problème : ils coûtent un bras et n’ont aucune base scientifique sérieuse.

Ecoutez plutôt des pros sérieux, comme Sandra, diététicienne-nutritioniste intervenant sur notre groupe Fodmap France en réponse à quelqu’un souhaitant faire ces tests pour des allergies :

Les allergies sont liées aux IgE. Aucunement aux IgG, c’est juste payer bien cher un test qui n’a aucune valeur scientifique. Je vous conseillerais plutôt de vérifier que vous avez bien éliminé tous les fodmaps (beaucoup de listes ont des erreurs) et de travailler sur les facteurs augmentant les symptômes (stress, tabac, café etc…)

Ou Blanche que vous connaissez certainement si vous vous êtes intéressés aux fodmaps. En s’adressant à ses collègues diététiciens, voici ce qu’elle écrit :

[vous avez peut-être proposé] à vos patients de faire des tests sanguins d’intolérances alimentaires qui leur coûtent très cher, leurs diagnostiquent une intolérance à une vingtaine d’aliments alors que la majorité ne leur donne aucun syptômes. Vous voyez alors vos patients diminuer encore plus la variété de leur alimentation. Pourtant, la science n’a pas prouvé leur véracité et même le contraire.

Blanche Vidal Soler

Le danger : se priver inutilement

Blanche touche ici du doigt un autre problème majeur de l’analyse des résultats de ces tests, surtout si vous êtes dans un régime déjà restrictif par ailleurs.

Se priver tout à coup de merlan, maïs, miel ou concombre va réduire vos choix et vos apports nutritifs. C’est au mieux inutile, au pire provoquera des carences en fonction de ce sur quoi l’interdiction tombe et affaiblira votre microbiote, ce qui a de grandes chances d’aggraver vos troubles digestifs.

Le marketing de ces tests

Certains labos ont même des « influenceurs » pour générer du contenu parlant de leurs tests. Intéressant de voir que même ce Youtubeur (sponsorisé ?) est surpris des résultats, on lui dit que le miel est un problème pour lui et avoue en consommer régulièrement sans problème, ou le lait qu’il ne digère pas mais qui n’est pas détecté ici.

On est bien d’accord, ce test n’est donc pas adapté pour l’intolérance au lactose. C’est simplement la première intolérance et de très loin (30% des français citent en souffrir), mais cela n’est pas grave s’ils passent à côté, ce n’est pas comme s’ils prétendaient détecter vos intolérances alimentaires.

La fin de la vidéo est une perle. « Il y a des aliments qui me provoquent des troubles digestifs comme les lentilles, le radis. Ces aliments là n’ont pas [chez moi] un taux d’IgG élevé. Ce qui est donc clair c’est qu’une mauvaise digestibilité de l’aliment n’est donc pas lié à un IgG élevé.« 

Et je suis tout à fait d’accord avec lui !

100% de succès

J’ai demandé à mon allergologue ce qu’il pensait de ces tests et m’a confirmé qu’ils n’étaient ni fiables ni recommandables et qu’il luttait contre ces tests. Il me dit avoir vu des centaines de patients qui ont fait ces tests de leur côté : pas un seul n’a reçu une réponse négative, tous ont reçu des analyses indiquant qu’ils étaient intolérants à plusieurs ingrédients.

Pas un seul client à qui l’on dit « non, c’est bon pour vous, vous n’avez pas de problème d’intolérance », ils trouvent toujours quelque chose. Il est vrai que l’échantillon de base de ces patients sont des gens qui suspectent des intolérances, mais aucun test scientifique sérieux n’a un taux de succès de 100% comme ici.

C’est révélateur du « système » et pour lui fait partie de leur marketing : vous faites le test, on vous dit que vous êtes allergique / intolérant, vous êtes content(e) car vous avez une réponse concrète, quelque chose sur quoi vous appuyer pour éviter des troubles, vous en parlez à vos ami(e)s qui vont faire le test à leur tour. Bingo.

En fait, ce taux de 100% s’explique car la présence d’IgG anti-aliments est un phénomène normal pour tous les humains. Lorsque notre corps est « exposé » à un nouvel aliment (généralement en étant enfant), il va produire ces IgG. En avoir dans son sang signifie simplement que l’on a été exposé dans sa vie à tel ou tel aliment, en aucun cas que l’on y est intolérant. Si vous voulez creuser ce sujet, lisez cet article.

En résumé

  • Ces tests sanguins analysant les IgG comme les tests basés sur les cheveux n’ont aucune efficacité prouvée, aucune base scientifique et sont récusés mondialement par la communauté scientifique.
  • En aucun cas ils ne peuvent détecter des intolérances (qui ne génèrent pas d’IgG), ni d’allergies (qui génèrent des IgE, non analysées par ces tests).
  • Si vous pensez souffrir d’une allergie alimentaire (au sens du type 1 de la typologie de Gell & Coombs), celle qui déclenche une production d’IgE, là oui, cela est détectable par prise de sang. Parlez-en à votre médecin généraliste qui vous prescrira une ordonnance pour aller voir un allergologue. Et vous serez – partiellement – remboursé.
  • Pour le reste, gardez votre argent !
  • Un « professionnel » vous a recommandé ces tests ? Arrêtez de le consulter et remettez en cause ses autres conseils.

Oui, moi aussi j’aurais bien aimé qu’une simple prise de sang m’indique mes intolérances, malheureusement cela n’est pas possible. 😢

Les solutions pour détecter ses intolérances

Il existe au final trois méthodes valables :

  • Pour le lactose, fructose, glucose et sorbitol, vous pouvez réaliser un test respiratoire à l’hydrogène en CHU, cliquez sur le lien pour voir mon article à ce sujet.
  • Pour l’intolérance au gluten, celle qui correspond à la maladie coeliaque, une prise de sang venant chercher la présence d’anticorps spécifiques (IgA) existe, fonctionne très bien et est remboursée.
  • Pour tout autre suspicion d’intolérance : seul reste l’essai / erreur. A vous de tester des ingrédients et d’isoler des symptômes, mais les attribuer à un ingrédient ou une famille d’ingrédient est compliqué, c’est un processus long et difficile. Nous n’avons pas d’autre choix malheureusement en l’état actuel de la science.

J’espère que c’est désormais plus clair pour vous !

PS : j’ai reçu mon kit d’un de ces labos !

J’ai contacté plusieurs labos disant que j’aimerais avoir des infos pour les tests des intolérances, et l’un deux m’a fait parvenir son kit pour que je leur renvoie ma prise de sang.

C’est un laboratoire parisien ayant pignon sur rue, testant 221 aliments pour 185€.

tube arrivé cassé pour prise de sang
Le tube reçu, non seulement cassé, mais sans m’indiquer quoi en faire !

On voit la qualité et l’attention qu’ils portent à leur service : non seulement ils envoient un tube fragile dans une simple enveloppe kraft, qui est arrivée cassée, mais il n’y a aucune instruction !

Concrètement si jamais j’avais réellement voulu faire ce test, je ne sais pas comment procéder. Je suppose qu’il faut que j’aille dans un labo près de chez moi pour remplir leur tube et la leur renvoyer, mais il n’y a rien de plus que cette simple feuille A4 contenant… leurs prix !

Je trouve ça fou.

Leur fiche de prix, au verso de la feuille qui accompagne le tube.
Le verso, indiquant les infos dont ils ont besoin. Les zones vertes sont celles que j’ai masquées, permettant d’identifier le labo.

PPS : la défense de ces labos sur leur méthodologie

J’affinerai cette section au fur et à mesure de mes recherches car je sens que la discussion est loin d’être finie.

J’ai trouvé sous cette vidéo critique sur les tests sanguins (je ne cautionne pas tout ce qu’elle dit pour autant), un commentaire du labo qui écrit officiellement et dessine leur ligne de défense :

Tous les aliments qui ont des IgG élevés ne sont pas forcément générateurs de symptômes, mais pour ça le protocole permet de faire le tri, de manière à ne supprimer sur le long terme (un an ou deux en général) que les aliments dits ‘déclencheurs’ c’est à dire pro-inflammatoires.

Cela m’a intrigué, j’ai creusé et en fait le protocole qu’ils recommandent de suivre est en deux étapes :

  • exclusion de tous les aliments considérés comme « déclencheurs » par leur test
  • puis, période de « provocation » : réintroduire un par un ces aliments et voir si les symptômes reviennent ou pas. Si non, les réintroduire définitivement.

Conclusion : ils reconnaissent par la nature même de ce protocole que les aliments détectés initialement par un IgG élevé ne sont pas pour eux forcément déclencheurs de symptômes, il faut tester et réintroduire certains aliments en fonction des résultats.

Donc l’IgG ne serait pas révélateur d’une intolérance ? Quelle surprise…

Merci au docteur Chabane qui a eu la gentillesse de relire cet article et de valider son contenu. Sachant qu’il est la personne de référence à ce sujet au sein de la Société Française d’Allergologie, je crois qu’il maitrise le sujet !

2 commentaires

  1. NICOLAS Florence

    La vraie question est, qu’est ce que démontre la présence d’IGG face aux aliments testés ? Pour moi tergiverser sur les termes « quelle est la définition d’une intolérance, quel est la définition d’une hypersensibilité ? » ça fait pas avancer beaucoup les choses ! On sait que la présence d’IGG ne révèle pas d’allergie, car celles ci sont liées au IGE. Mais alors, pourquoi le corps fabrique des IGG vis-à-vis de certains aliments et pas d’autres ?

    La seule chose que disent toutes les études que vous citez, c’est quelles ne recommandent pas les tests liés aux IGG car en gros il n’y a pas à ce jour de véritables preuves scientifiques. J’ai lu moi le rapport de la Société Francaise d’allergologie là-dessus…Ils ont passé en revue les différents études qui ont été faites dans le but de découvrir les résultats d’une éviction des aliments qui étaient associés à des IGG, mais en gros ceux sont des études qui n’ont pas réussi à prouver clairement des effets car échantillon trop restreint, absence de groupe témoin, entre autres.

    Extrait de ce rapport : « Les IgG vis-à-vis de 14 aliments ont été dosées par Cai et al. chez 112 patients chinois souffrant de MICI, 79 patients avaient une maladie de Crohn et 33 une rectocolite hémorragique (RCH). Les IgG ont été détectées chez 76 % des maladies de Crohn, 64 % des RCH et 33 % des sujets témoins (n = 266). La différence est significative entre les patients souffrant de MICI comparés aux témoins. Il y avait plus d’aliments positifs (n ≥ 3) dans le groupe MICI que dans le groupe témoin (33 % vs 0,8 %, p < 0,0001). Les résultats des IgG anti-aliments ne sont pas corrélés avec les formes cliniques selon la localisation des lésions, ni avec le stade de sévérité de la maladie. Ils sont cependant retrouvés plus fréquemment chez les patients en rémission de maladie de Crohn. Les auteurs concluent que les IgG anti-aliments élevées sont associées aux MICI et qu’ils pourraient servir à guider le régime d’éviction. Dans leur discussion, les auteurs n’évoquent pas une simple altération de la barrière muqueuse qui pourrait expliquer ces résultats »

    Je ne vois pas comment une simple altération de la barrière intestinale pourrait expliquer ces résultats car moi, j’ai la maladie de Crohn, et j’ai fait un test d’intolérance avec recherche de ces fameux IGG et j’ai eu des taux de présence importants d’IGG pour 2 aliments que je ne mange…quasiment jamais, genre allez, 3 fois dans l’année. Tout comme j’ai un fort taux d’IGG pour un aliment que je consomme quotidiennement…

    • Bonjour Florence,
      La réponse à votre première question est dans l’article !
      « En avoir dans son sang signifie simplement que l’on a été exposé dans sa vie à tel ou tel aliment, en aucun cas que l’on y est intolérant. Si vous voulez creuser ce sujet, lisez cet article : https://www.afdiag.fr/actualites/que-penser-de-lanalyse-des-igg-anti-aliments2/ »

      Cela explique que vous ayez des IgG élevés pour des aliments que vous ne mangez quasiment jamais. Cet indicateur est complètement inintéressant concernant allergies et intolérances, il faut tout simplement arrêter d’en parler en fait, il ne nous indique rien d’intéressant !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*